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Intentions de mise en scène

Publié dans Le spectacle

« On parlait à un élève d'auteurs célèbres du début du XXème siècle et, pour justifier son ignorance, il proclamait, comme une excuse parfaite : «  Mais, Monsieur, je n'étais pas né ! ». Le mot est révélateur : il montre que, pour trop de jeunes, le monde n'a pas de passé. Tout commence avec leur naissance, ils ne se rendent pas compte que dans tout ce qu'ils pensent ou éprouvent, dans tout ce qu'ils font, ils sont tributaires du passé. »
Jacqueline de Romilly, Dans le jardin des mots.

Cette citation illustre en partie notre démarche. Nous voulons raconter un événement du passé que les grands de ce monde se sont chargés d’effacer et le mettre en parallèle avec l’actualité.


Pour cela nous utilisons différents procédés que le théâtre nous offre. D’abord le jeu des comédiens et comédiennes en qualité de conteur, d’interprète, de chanteur et musicien. Ensuite, nous utilisons des marionnettes pour représenter les écoliers. Cette mise en scène permet de faire des aller-retour entre le présent et cet événement qui appartient au passé.


Le personnage de la conteuse (la vieille institutrice) est un élément central du spectacle. Elle est le pivot entre le présent de la représentation et l’histoire.

La scénographie se compose de trois espaces distincts.
Un espace à jardin est principalement consacré au personnage de la conteuse. En fond de scène, un tableau représentant l’école sert les entrées des marionnettes et joue le rôle du castelet.
A cour, une structure faite à partir de boites de conserve et de bidons joue elle aussi le rôle du castelet. Celle-ci est au service de l’histoire et des personnages. Elle prend tour à tour l’apparence d’une usine en extérieur, d’un terrain vague ou encore d’une machine à réparer. Elle se transforme finalement en une espèce de monstre de fer rouge représentant les forces de l’ordre.


Nous avons donné à ce spectacle une dimension musicale. Les mouvements populaires sont gorgés de chansons et de musique. Des archives nous disent que les écoliers de 1911 chantaient des chansons pendant leur mouvement par exemple : « Fall in and follow me ». Il ne s’agit pas d’une chanson révolutionnaire mais elle a accompagné les enfants dans leur révolte. Ces chansons précises l’action ou servent de résumé d’actions.


Notre théâtre ne se veut pas réaliste. Le public doit avoir conscience qu’il est au théâtre et qu’il assiste à un spectacle. L’utilisation des chansons sera une manière de créer cette fameuse distanciation qu’utilise Brecht dans son Théâtre à fin de faire de son spectateur un spectateur actif et libre de se faire son propre point de vue sur ce qu’il voit.